fbpx

Clubs : le plaisir retrouvé (Épisode 3)

Partagez cette page

Dans le Bas-Rhin, la Seine-Saint-Denis et la Dordogne, le lien, jamais rompu, a donné lieu à une reprise enthousiaste et très suivie. Les mots d’ordre ? Garder le lien et préparer une rentrée qui s’annonce plus sereine, grâce à l’autorisation de reprise des sports de contact ce week-end. Un retour au dojo qui s’éclaircit enfin.

Professeur 5e dan du KSLP Plobsheim, la structure plus importante du département du Bas-Rhin et de la ligue d’Alsace en termes de licenciés (253 pratiquants), Jérémy Goetz va partir en vacances plus serein, heureux d’avoir fait le maximum pour ne pas perdre le contact avec ses élèves. « Nous avons décidé de prolonger jusqu’à la mi-juillet pour compenser l’absence de pratique pendant les deux mois du confinement. Depuis la reprise mi-mai, nous sommes à six heures de cours par semaine sur un grand parking, à un kilomètre de notre dojo vu que ce dernier est fermé jusqu’à la fin août par arrêté municipal. Une centaine de nos licenciés (sur les cent cinquante âgés de douze ans et plus) sont venus participer à ces entraînements en extérieur. Un très bon bilan. Le fruit, je pense, de notre volonté de ne jamais rompre le fil avec eux pendant le confinement : envoi de fiches d’entraînement, cours en ligne via Youtube et Zoom et publication quasi-quotidienne sur notre page Facebook. »

KSLP Plobsheim


Pouvoir se projeter sur la rentrée
Et la décision ministérielle de ce week-end ? « Un soulagement, bien entendu. Cela ne change pas grand-chose sur le moment puisque nous finissons ce vendredi. On va juste faire évoluer la pratique pour les derniers entraînements avec du travail à deux, ce qui plaira forcément aux présents. Surtout, cette annonce permet d’envisager la rentrée de manière plus sereine. Cela va rassurer, je pense, les gens qui avaient une appréhension à venir ou revenir pratiquer. Au club, nous avons essayé dès le déconfinement de tranquilliser parents et pratiquants en distribuant des masques après chaque entraînement. Et pour la rentrée, nous préparons une vidéo pédagogique qui sera publiée mi-août sur le protocole à respecter avant, pendant et après les cours. C’est important pour nous, d’autant que nous sommes dans une région qui a été particulièrement touchée par l’épidémie. »

ALS KC Terrasson


Jusqu’à fin juillet avec les compétiteurs
Pour Steffan Garabet, directeur technique du Blanc-Mesnil Sport Karaté, l’annonce du ministère des Sports est d’abord une excellente nouvelle pour ses compétiteurs. « Avec le bureau directeur, nous avons décidé de maintenir deux à trois cours par semaine jusqu’à fin juillet pour nos compétiteurs, qui sont une soixantaine. Même si nous allons plutôt faire du travail physique avec eux, en particulier sur le plan cardio, ils remettront aussi quelques fois les protections pour du combat d’ici la fin du mois. Retrouver le groupe de copains avec qui on part en compet’, c’est essentiel. Mais retravailler la technique, les frappes avec eux, c’est encore mieux ! » (sourire)

BMS Karaté

Éducation
Structure de 360 pratiquants, le BMSK a repris les entraînements le 2 juin en plein cœur du parc urbain de la ville avec un succès incontestable… avec des habitudes qui font changer. « C’était prévu, notre dojo a été rasé pendant le confinement. À la rentrée, nous allons intégrer la Maison des Arts martiaux. En attendant, nous avons pratiqué en plein air. Le premier cours, soixante enfants, que nous avons répartis en six groupes, sont venus. Une vraie réussite à laquelle nous avons beaucoup travaillé car la ville est située dans un département qui a été durement impacté par le Covid-19. Une tragédie qui s’est ajoutée à la précarité sociale d’une grande partie de la population. Garder le lien et proposer une activité dès que possible aux parents de nos licenciés nous paraissait indispensable. » Et pour la rentrée ? « Je suis naturellement optimiste, je n’ai pas trop de doutes. Le téléphone n’arrête pas de sonner depuis quinze jours et depuis quatre ans, à la fin du mois de septembre, tous nos cours enfants sont complets, sourit le directeur technique du club. Mais ça ne sera pas pour autant une rentrée comme les autres : dès la reprise, le 24 août, nous allons éduquer les enfants aux gestes barrières. De même, désormais nous exigerons que chaque pratiquant ait ses propres protections. »

En faire une nouvelle habitude
À Terrasson, à l’ouest du département de la Dordogne, loin de l’agitation de la région parisienne, la commune de six mille âmes compte soixante-cinq licenciés au sein du Samouraï Karaté Club. Dirigé par Zak Bor, 5e dan, le club a pourtant lui aussi décidé de prolonger ses cours jusqu’à la fin du mois avec « une séance par semaine. Nous avons pris nos habitudes au sein de la plaine des jeux de la ville. Un endroit où il y a toute sorte d’équipements. À partir de cet environnement, j’ai essayé d’imaginer des exercices, des éducatifs innovants, qui cassent la routine : travailler ura-mawashi avec un arbre en essayant d’encercler le tronc, perfectionner sa technique ou ses katas en étant en équilibre sur une planche de bois, etc. » À la clé, un tiers des licenciés du club au rendez-vous à chaque séance. « Ils sont revenus s’entraîner avec enthousiasme. À tel point que le club a décidé de maintenir ces entraînements en extérieur à chaque fin de saison dans les années à venir. Nous attendons avec plaisir de nous retrouver au dojo à la rentrée, l’annonce du Ministère nous permettant évidemment de communiquer vers tous et vers les nouveaux qui voudront nous rejoindre. »

Valoriser la solidarité des licenciés 
Un optimisme partagé par les trois professeurs et leur bureau directeur qui, outre les initiatives déjà citées pour la rentrée, ont tous décidé de faire un effort financier pour les karatékas qui viendront se réinscrire : « Ils ont été solidaires et du club et il faut valoriser cette attitude ne serait-ce que sur le principe. ll y aura un geste sur le prix de la cotisation pour les licenciés de cette saison. Même si celle-ci est très raisonnable au sein du club, il nous a paru normal de proposer cela compte tenu de cette fin de saison tronquée », explique Zak Bor.

 

 

Thomas Rouquette / Sen No Sen

Articles relatifs

05 Août 2020 Clubs : le plaisir retrouvé (épisode 4) Découvrir
31 Juil 2020 Bruno Houriez, l’évolution dans la tradition Découvrir
29 Juil 2020 « Avant ou après, il y a l’équipe de France » Découvrir
07 Juil 2020 Clubs : le plaisir retrouvé (Épisode 2) Découvrir