fbpx

Ayoub Neghliz “Mettez l’accent sur vos katas”

Partagez cette page

Le confinement a stoppé les élans des pratiquants de club et de l’équipe de France. Ayoub Neghliz, responsable du kata français, explique comment le groupe a géré et a tenté de faire d’un coup du sort une opportunité… et comment le kata peut être aussi la pratique parfaite pour la période actuelle.

Comment votre groupe a réagi au confinement ?
J’ai envie de dire « comme tout le monde ». Nous sommes bien obligés de faire avec et d’avancer quand même. Cela n’a pas été évident de leur annoncer le report des Jeux. Nous avions déjà beaucoup donné et nous avions prévu un plan d’attaque pour le TQO à Paris. Alexandra Feracci, par exemple, était allée au Japon pour travailler, avait fait l’impasse depuis janvier sur les derniers rendez-vous pour être parfaitement prête. Quand tout cela s’arrête, ce n’est pas facile à encaisser. Il a fallu s’adapter rapidement, déterminer des objectifs complètement différents. Sans objectifs définis ni perspective claire, ce n’était pas simple à faire.

Quels objectifs avez-vous mis en place ?
Nous avons beaucoup échangé avec les athlètes, avec l’ensemble du staff et nous avons axé d’abord la pratique sur l’entretien physique et le plaisir, parce qu’il fallait trouver une satisfaction à l’entraînement, garder de bonnes habitudes. Nous avons travaillé par « visio » évidemment. Mais j’ai compris que cela allait durer – et que ça va encore durer, Alexandra est en Corse, qui n’est toujours pas ouverte – et qu’il fallait mettre en place un travail précis, qui évite la routine et serve à construire l’avenir. Nous avions la tête dans le guidon depuis des mois, ce temps qui était soudain devant nous était à la fois une déception à assumer, mais aussi l’occasion de prendre un peu de recul. Nous n’avions pas le choix : il fallait tirer profit de la période autant que possible. Nous avons décidé de mettre en place un cycle de progression, de travailler ce que l’on ne change pas facilement. On a axé sur les détails techniques, mais aussi décidé de renforcer les points physiques qui pouvaient faire encore défaut. On a fait ce qu’on n’avait pas le temps de faire en temps normal. On aura comblé un retard.

Aurélien Morissard/FFK

Et désormais avec le déconfinement ?
Nous aurons des stages réguliers cet été dans la perspective de la reprise. Nous allons continuer le travail dans le même esprit avec l’idée de reprendre des marques sur les premières compétitions et de se situer à ce moment-là. En kata, on a la chance d’être moins exposés aux limites que nous imposent les gestes barrières. On peut même travailler en équipe en respectant les distances de protection, ou en extérieur. Pour nous tous, les feux devraient très rapidement être au vert. D’ailleurs, c’est une suggestion pour les clubs et tous les pratiquants : c’est le moment de revoir les kihon, les bases techniques et de travailler les katas. Ce serait une très bonne façon d’améliorer sa façon de combattre. Faites ce que vous n’avez pas l’habitude de faire et qui peut être utile à moyen et long terme et cette période aura été finalement un mal pour un bien.

Vous proposez d’ailleurs des vidéos de démonstration des katas ?
Au-delà de cette période de confinement, c’était un projet et une volonté fédérale d’offrir ces vidéos où je démontre différents katas et où je donne des conseils sur certaines parties clés. Élargir le cercle est un réel plaisir, pouvoir être utile à un plus grand nombre, aider aux progrès des pratiquants et contribuer à la réussite des passages de grades.
Ces vidéos proposées ont pour but d’apporter une plus-value aux professeurs de clubs. Le même type de vidéos ont été mis en place par les entraîneurs nationaux combats. L’objectif est de travailler dans la même direction. Pour l’instant, j’ai déjà quelques retours qui sont extrêmement valorisants.

Qu’espérez-vous pour demain ?
Nous avons hâte, comme dans tous les clubs je crois. Je suis impatient de voir les progrès de nos athlètes. D’abord à l’entraînement, quand nous pourrons nous réunir et retravailler réellement ensemble ensuite, en compétition avec tous les enjeux qui animent les sportifs et les entraîneurs. Tout cela est d’abord une grande aventure humaine. On a tous très envie de se retrouver ensemble.

 

Propos recueillis par Emmanuel Charlot / Sen No Sen

Articles relatifs

02 Juil 2020 Jean-Louis Morel « Être conscient de ce que l’on fait » Découvrir
30 Juin 2020 Valeurs – La modestie Découvrir
22 Juin 2020 Le para-karaté poursuit son développement Découvrir
18 Juin 2020 Jean-Éric Luqué, la sincérité au cœur Découvrir