À l’écoute des clubs
Linas-Monthléry, la preuve par l’exemple
C’est une nouvelle jeunesse que ce club de l’Essonne connaît depuis 2019 et l’arrivée de Pauline Grenier comme directrice technique. Un renouveau fait de passion et de bienveillance qui pourrait bien encore passer un cap la saison prochaine.
« En 2019, alors que j’étais à la recherche d’un club, j’apprends que l’association de Linas-Montlhéry souhaite recruter un professeur, car son directeur technique, Christian Acosta, part à la retraite. Motivée, je postule immédiatement, d’autant que le club se trouve à dix minutes de chez moi ! Quelques semaines plus tard, j’étais choisie. » Directe et concise, Pauline Grenier, trente-six ans, titulaire d’une licence STAPS entraînement sportif et d’un DIF, se remémore son arrivée il y a sept ans comme nouvelle directrice technique de ce club historique de l’Essonne créé en 1974. « J’ai trouvé un club avec une bonne structuration et une gestion très saine, qui comptait alors quatre-vingt-cinq licenciés. Je me rappelle également avoir été très bien accueillie par les ceintures noires. Une première impression vraiment très positive. Reste que cette association donnait l’impression de manquer un peu de dynamisme. Elle vivotait. Or, j’ai eu l’intuition dès mon arrivée qu’il y avait un réel potentiel à développer. » Président du club depuis une vingtaine d’années, Jean-Pierre Pernes, quatrième dan, pose son regard expérimenté. « J’ai contacté le comité départemental de l’Essonne pour faire part de ma recherche d’un nouvel enseignant ayant conscience qu’il y avait un manque au sein de notre structure. Peut-être l’effet d’une lassitude, et cela peut se comprendre. Quoi qu’il en soit, il fallait impulser une nouvelle énergie. Alors, quand Pauline a déposé sa candidature, je me suis dit que c’était un profil très intéressant. Elle n’était pas une inconnue pour moi, puisque je l’avais arbitrée en compétition, que Je la connaissais de réputation, avec un a priori très positif. »

Croissance continue
Double championne de France et médaillée de bronze en karaté contact, championne de France seniors deuxième division en kumite traditionnel, membre de l’équipe wado-ryu – le style du club – pour la coupe du monde de 2010 au Japon, cette mère de famille lance immédiatement une nouvelle impulsion, même avec l’arrivée soudain du covid. « Nous sommes montés à quatre-vingt-onze licenciés à la fin de la saison 2019-2020 et, surtout, Pauline a su maintenir le contact avec les licenciés par de nombreux cours en visio durant cette période, explique le président. Elle a aussi créé un cours de body karaté. Résultat ? Notre nombre de licenciés a grimpé à cent-vingt-neuf dès la saison 2021-2022 ! » Une croissance qui se poursuit, se construit surtout.
Développement tous azimuts
Une croissance fruit d’initiatives multiples : ouverture d’un nouveau créneau pour le karaté le vendredi soir, d’un cours dédié aux compétiteurs le samedi après-midi, mise en place de stages pendant les vacances scolaires pour les enfants à partir de quatre ans lesquels comptent en moyenne vingt-cinq à trente participants, mais aussi interventions en école maternelle. Cette saison, un mercredi sur deux, une séance de préparation aux grades a été ajoutée. Un développement tous azimuts autour d’une approche pédagogique affirmée. « Bienveillance, écoute, empathie, liste Pauline Grenier. Ma vision de l’enseignement, c’est que chacun a le droit de progresser à son rythme. En cela, le karaté est une école de la patience. » « Pauline est très impliquée, très professionnelle, passionnée et attentive, pose Jean-Pierre Pernes. La qualité de ses cours, couplée à l’implication d’un groupe de bénévoles sur lesquels on peut compter à toute occasion, explique, à mon sens, notre dynamique. »

Nouveau dojo
Avec cent soixante-neuf licenciés cette saison, l’association continue sa remarquable marche en avant. Une progression constante qui pourrait encore s’affermir avec l’ouverture d’un nouveau dojo sur la commune de Montlhéry. « Pour l’instant tous nos cours ont lieu à Linas. Mais d’ici la fin d’année civile, ou, au pire, dans un an, nous aurons un dojo flambant neuf pour lequel le club sera prioritaire. Concrètement, cela va nous permettre d’avoir des créneaux tous les soirs ! Une formidable occasion de continuer à nous développer, précise, enthousiaste, Jean-Pierre Pernes. Si nous sommes impatients, il faut aussi bien penser ce nouveau développement car cela va nous obliger à recruter un autre professeur, ce qui va nous engager financièrement. Je compte sur les collectivités locales pour nous aider, au moins la première année de contrat de notre nouvel enseignant. »
« Avec le nouveau dojo, nous pensons proposer une nouvelle discipline, du karaté contact ou du karaté défense, ajoute Pauline Grenier. Quant au profil de mon futur collègue, il faudra qu’il ait les compétences et l’envie de suivre nos athlètes en compétition. Car pour l’instant, nous n’avons pas la structure pour les amener vers le haut niveau. »
Ambitieux, lucides et sur la même longueur d’onde. Pauline Grenier et Jean-Pierre Pernes ? Un duo gagnant pour le club des arts martiaux Linas-Montlhéry.