Le TQO à Paris : un avant-goût des Jeux olympiques

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En mai prochain, l’organisation du Tournoi de Qualification Olympique (TQO) à l’AccorHotels Arena de Paris sera la dernière étape sur la route des premiers Jeux olympiques de l’histoire du karaté. Pour décrocher une place pour Tokyo, les Bleus encore en course auront besoin d’un soutien à la hauteur de la ferveur des mondiaux 2012 disputés à Bercy. Un peu partout, les clubs, comités et ligues commencent à s’organiser pour investir le lieu dans quelques mois.

C’est l’ultime coup de rein, l’entrée dans la dernière ligne droite. Le karaté français est désormais à moins d’un an des premiers Jeux olympiques de l’histoire de la discipline. Début septembre, à l’occasion du Karaté 1 de Tokyo, les athlètes tricolores ont d’ailleurs pu se tester dans le Nippon Budokan, la mythique enceinte où se disputeront les Jeux. Mais avant de retrouver les tatamis japonais et de rêver de podium olympique, il faut gagner sa place. Et la course à la qualification est impitoyable : seuls les quatre premiers athlètes de la ranking mondiale, dans chacune des huit catégories olympiques, seront directement qualifiés. Aux Français qui louperaient ce premier appel pour Tokyo, il restera tout de même une possibilité de prendre un billet de dernière minute : trois places seront en effet distribuées dans chaque catégorie lors du TQO (Tournoi de Qualification Olympique) organisé à l’AccorHotels Arena de Paris du 8 au 10 mai 2020. Portés par le public français, nos Bleus pourraient alors se sentir pousser les ailes qui les conduiront jusqu’au pays du Soleil-Levant.

Et si la rentrée est synonyme d’accélération pour nos prétendants olympiques, elle donne aussi le coup d’envoi de la mobilisation de tout le karaté tricolore pour faire de ce TQO une fête. « C’est à nous d’insuffler un élan pour mobiliser un maximum de gens », lance Yves Mercier, secrétaire du comité de l’Essonne. Le modèle, c’est Bercy 2012, lorsque la ferveur populaire avait poussé l’équipe de France à un bilan historique lors des championnats du monde organisés à domicile (treize médailles, dont sept en or). « Pour s’organiser pour le TQO, j’ai ressorti le dossier de 2012. Aux côtés de la fédération, on avait fait un maximum de publicité en amont, se souvient Yves Mercier. Le comité avait rassemblé les demandes de places et avait pris en charge environ 50 % du prix grâce à un budget que l’on avait dégagé pour l’occasion. On souhaite refaire pareil cette saison. »

Sonner la mobilisation générale
Dans chaque coin de la France du karaté, le souvenir de 2012, combiné au frisson olympique et à la perspective de cette ultime chance avant les Jeux, commence à faire son effet. À Pau aussi, par exemple, on est dans les starting-blocks. « On est déjà vingt, vingt-cinq du club à être sûrs de venir à Paris, affirme Ivan Comet, président de la section paloise, déjà tourné vers un TQO qu’il espère à la hauteur du succès des mondiaux. « Bercy, c’était grandiose, on avait passé trois jours formidables, souffle le dirigeant. C’est pour ça que l’on veut y retourner. Que ce soit au niveau de la ligue, du département et du club, on va essayer de proposer des tarifs intéressants et de pousser auprès des autres clubs pour que le plus de monde se mobilise. » Avec ses troupes, ils s’étaient aussi égosillés derrière les Bleus lors de l’Euro 2016 à Montpellier.

Des racines des Pyrénées jusqu’aux rives de l’Île de Ré, l’onde des Jeux qui approchent s’étend. « J’ai déjà réservé trois minibus de la communauté de communes, et on va voir comment s’organiser pour le reste », pose Jacques Djeddi, le président de l’Océan KC de La Flotte. En termes d’organisation, ce club de l’Île de Ré en connaît un joli rayon. Sous la conduite de son bouillonnant président, l’association avait guidé une cinquantaine de licenciés jusqu’aux travées de Bercy en 2012. En réunissant soixante-deux partenaires privés et institutionnels, le club avait pu offrir un pack tout compris (transport, hébergement, nourriture) à 150 euros. Surtout, les mondiaux avaient mobilisé tout le monde, même ceux qui ne partaient pas, autour par exemple de dessins réalisés par les enfants pour l’occasion, ou encore la confection de banderoles qui avaient fait fureur lors de la compétition.

« Il y a une vie autour des championnats du monde, qui avait commencé dès que nous avons décidé de nous y rendre et qui a continué longtemps après à travers nos photos, nos anecdotes, nos souvenirs », retrace Jacques Djeddi. Alors, pas question de louper cette nouvelle occasion, offerte par le TQO, de fédérer. « Le début de saison est le bon moment pour déclencher tout ça. Il y a un gros travail de séduction à faire auprès des partenaires pour monter un budget. C’est moins facile de leur vendre un TQO que des mondiaux, mais on va y travailler. »

« Montrer qu’on est forts »
Si la logistique est une équation à résoudre, la motivation, elle, est déjà présente parmi les troupes. « Le TQO, c’est une chance pour nos licenciés de voir de très grands compétiteurs, se réjouit Yves Mercier. C’est aussi une belle occasion de montrer à tous à quel point le karaté est populaire en France. » « On va vivre un évènement mondial, complète Jacques Djeddi. Ce sera aussi un petit goût des Jeux olympiques, auxquels on ne pourra pas aller avec le club car Tokyo est trop loin et trop cher. » Et alors que le comité d’organisation de Paris 2024 a pour l’instant refusé d’intégrer le karaté au programme de ses Jeux, le bruit du TQO pourrait arriver jusqu’aux oreilles des décideurs.
« C’est important d’y être, martèle Ivan Comet. Il faut montrer qu’on est forts. Si on remplit à nouveau Bercy, on prouve qu’on mérite les Jeux. Si les organisateurs regardent, si les médias nous relaient, on peut faire du bruit. C’est dans ces évènements-là qu’on montre qu’on existe. » Que vous ayez à cœur de soutenir le projet olympique du karaté, les athlètes français qui rêvent des Jeux, ou simplement de profiter d’une compétition de très haut niveau dans un cadre exceptionnel, vous savez donc comment occuper votre week-end du 8 au 10 mai prochains.

 

Info pratique : La billetterie du TQO est ouverte pour les licenciés et groupes. Plus d’informations sur francekarate2020.fr

Gaëtan Delafolie / Sen No Sen

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