FFKAMA
Accueil > Karaté Magazine

Karaté Magazine


Karaté Magazine : numéro 2 - avril 2003 - Extraits
VALERA Fondamental
Depuis vingt-sept ans, Valéra le fidèle, Valéra le rebelle, était en réserve de la république.
Appelé par Francis Didier pour lancer le karaté de plein contact en France, la « locomotive » du karaté français a pu enfin reprendre la place qui lui convient : en tête de ligne.
Contact !

 
 
En bref
En bref
Né le 18 juin 1947 à Lyon
8e dan
marié à Mireille, père de Karine
Champion de France 66/69/70/72 (lourds et open)/73 (lourds et open)/75 (lourds et open)
Vainqueur du Grand Tournoi des Etats-Unis 69 (première compétition avec KO au corps autorisé)
Champion d’Europe 69/70/71/72
Champion d’Europe par équipes 66/68/69/70
3e des championnats du monde Open 70
Champion du monde par équipes 72
18 combats professionnels de full-contact (14 victoires, 4 défaites), dont deux championnats d’Europe victorieux (76 et 77) et deux tentatives mondiales (78 et 80)
 
Interview
Dominique Valéra, vous voici de retour  dans le sérail…
J’ai fait ma carrière comme je le souhaitais, pour moi et pas pour les autres. Je n’ai pas fait de concession ni d’allégeance, j’ai fait ce que j’avais envie de faire.
On m’en a voulu de me tourner vers le contact et maintenant, presque 27 ans plus tard, on va enfin faire du contact au sein de la fédération. C’est parce que j’ai continué dans cette voie, mais aussi parce que Francis Didier m’a rappelé pour cela. Je n’ai pas renié ma façon de penser. Qu’elle plaise ou non, ce n’est pas mon problème. Et aujourd’hui j’essaye de montrer, de laisser quelque chose. Pendant des années, j’ai reçu des enseignements. J’ai pris. Maintenant est-ce que je suis capable de rendre? J’ai envie de transmettre. De faire comprendre que le karaté est une question de centimètres… dont les plus importants se trouvent entre les deux oreilles! 
 
 
C’est-à-dire ?
Le karaté n’est pas un sport, c’est un art martial. L’art martial demande une rectitude d’esprit et de conduite. Le sport demande de respecter les règles, c’est tout. Le pratiquant d’art martial respecte une culture, un esprit traditionnel ancien. On doit rester dans ce car-can parce que c’est la seule façon de transmettre quelque chose de pur. Le karaté est une attitude glo-bale, un principe directeur pour la vie de tous les jours. Ton comportement, ta façon de parler, ta façon d’enseigner, ta façon d’irradier à travers les autres. Le champion dix fois champion du monde qui, dans la vie, se comporte comme un goujat ne m’intéresse pas. X fois dans sa vie, il a été très bon pendant trois minutes. Mais qu’est-ce qu’il a fait le reste du temps? Un karatéka, c’est quelqu’un qui a ça dans les tripes.
 
Valéra n’est donc pas rebelle à la règle?
Je n’ai jamais été contre la règle et la contrainte, au contraire !
J’ai été contre la bêtise humaine, les interprétations abusives, la tricherie. Mais le karaté, l’art martial, j’y suis toujours resté fidèle. Quand j’ai sorti mes 27 licences un jour d’Assemblée Générale, certains ont été étonnés.
Mais moi, du départ, j’ai fait partie d’une famille et il était hors de question que je la quitte. D’ailleurs je n’aurais pas pu devenir boxeur, j’avais juré à ma mère de ne jamais en faire! Pour moi, se saluer, c’est important. C’est ce qui m’a fait respecter la vie, ça.
Quand j’étais petit, j’étais très turbulent et ce passage dans une réglementation stricte m’a gardé sur les rails.
 
Faute !? Eh non. C’est du karaté contact,
lors du premier championnat de France de
cette nouvelle spécialité au mois de mars à Coubertin.

C’est le message que vous souhaitez transmettre ?
Je n’essaye pas de diffuser le karaté comme un message universel, j’essaie juste de faire passer quelque chose dans mon enseignement, par l’exemple de ma pratique et par le type de relation que je tisse au quotidien avec les gens. Ce que je dis n’est pas l’évangile, loin de là! Moi, ce que je veux, c’est rendre aux autres le service que j’ai reçu. Car si, jeune enfant, je n’avais pas eu accès à cette façon de voir les choses, je n’en serais pas arrivé là. Je crois que j’aurais «pété les plombs» avant. Je les ai pétés sur un plan sportif, mais je n’ai pas fait de connerie majeure dans ma vie et je pense que cette expérience peut servir aux autres. Et quand, avec mon parcours un peu chaotique, je parle à un gamin, je pense que je le touche plus que si je sortais de HEC, né à Neuilly dans une famille bourgeoise. D’ailleurs je réponds peut-être à ta question du début. Peut-être que les gens se retrouvent dans ce parcours. Peut-être, il y a ça. Je ne sais pas. ...
 
Officiel Karaté Magazine est une publication de la Fédération Française de Karaté et Disciplines Associées.
FOOTER