Rencontre avec Mounir Harrathi
Wushu

Rencontre avec Mounir Harrathi

22 décembre 2017 - Wushu / Arts martiaux Chinois

Cette semaine, la FFK vous propose d’aller à la rencontre de Mounir Harrathi, Vice-président de la Commission Nationale Wushu et responsable national de l’arbitrage.

© DR
© DR

C’est à l’âge de 13 ans que Mounir Harrathi pousse pour la toute première fois la porte d’une école de Kung Fu (style qui appartient au Wushu, ndlr.). « Comme tous les gamins de cette époque, j’étais passionné par les films d’arts martiaux… Et puis un jour des copains m’ont proposé de les accompagner à leur cours. C’est ainsi que tout a commencé. Cette école, située à Grasse, où je vis encore actuellement, dispensait un enseignement axé traditionnel avec notamment l’étude des styles animaliers. Ils proposaient également du kick boxing et du full contact, ce qui m’a plu de suite. »

Cette diversité des disciplines est l’un des éléments clés qui a plu à Mounir, qui explique qu’il était « plutôt orienté combat » à ses débuts, mais qu’avec le temps et la pratique en compétition, il s’est spécialisé « dans la technique. Quand on fait de la compétition, si on veut performer, il est important de se spécialiser, c’est pourquoi j’ai choisi de m’axer sur le Taolu pour la compétition, tout en continuant de pratiquer le sanda bien sûr. » Plusieurs fois champion de France, en moderne comme en traditionnel, Mounir Harrathi est rapidement intégré au collectif France.

Plus tard, alors qu’il arrête la compétition, il se tourne vers l’arbitrage. « J’ai dû arrêter ma pratique à Haut Niveau, mais j’étais toujours passionné par cet art, c’est donc naturellement que j’ai été vers l’arbitrage, afin de garder un lien avec l’univers de la compétition. » Lui qui a débuté en 2004, confie que son passé de compétiteur lui a été très utile. « Je connaissais déjà bien la règlementation, ce qui m’a permis d’obtenir rapidement la confiance des responsables de l’époque. Trois ans plus tard, j’étais présenté au titre d’arbitre européen ! » En 2012, il décroche le titre d’arbitre mondial.

© DR
© DR

Cette nouvelle orientation est allée bien plus loin, puisqu’en 2014 il devient responsable national de l’arbitrage Taolu, avant de devenir responsable national de l’arbitrage dans son intégralité, Taolu et Sanda, à la rentrée sportive 2016.

Aujourd’hui 4e Duan, il est également professeur dans deux clubs du sud de la France. « Je suis devenu le directeur technique du club dans lequel j’ai débuté à Grasse. J’y occupe également la fonction de professeur, tout comme dans un second club que j’ai fondé en 2015. C’est intéressant car dans le premier nous dispensons du Wushu, Taiji Quan, Boxe Chinoise, Sanda et Kick Boxing et dans le second nous sommes plus orientés disciplines internes, comme le Qi Gong ou le Taiji Quan. » S’il est aussi polyvalent dans sa pratique, Mounir explique que sa passion du Wushu dans son intégralité est née grâce à son premier professeur. « Il ne faisait pas que nous enseigner le Kung Fu, il nous parlait de l’histoire de la Chine, de la philosophie chinoise etc. Cela m’a passionné et c’est la raison pour laquelle je n’ai plus jamais arrêté ! »

Désormais vice-président de la Commission Nationale Wushu, ses ambitions pour la discipline sont multiples. « D’une part, il faut apporter plus de lisibilité sur les règlements des compétitions et d’arbitrage. Cela fait partie des grandes réformes que je mène depuis deux ans. Concrètement, il s’agit de rendre les titres nationaux plus attractifs et valorisants, tout en veillant au maintien de la richesse et de la diversité de notre sport. Auparavant, il y avait beaucoup de titres attribués sur une compétition, et cela était peu lisible pour les spectateurs. Notre souhait aujourd’hui, au sein de la commission nationale, est de revaloriser ces titres, en les rendant moins nombreux, mais avec plus de valeur. » Et d’autre part ? Mounir Harrathi expose qu’il y a également un gros travail de développement. « On fait en sorte de travailler au plus près des clubs, car nous en étions trop éloignés dans le passé. Cette proximité est nécessaire pour développer notre discipline. Aujourd’hui, nous souhaitons aider l’ensemble des ligues régionales à se développer en termes de compétences techniques, afin qu’eux-mêmes soient au plus près des clubs. Cela passe par la mise en place de compétitions, de stages, de formations etc. Tout cela contribue à la structuration du Wushu pour l’avenir. »