Le karaté, levier contre l’obésité et la sédentarité infantile
Karaté pour tous

Le karaté, levier contre l’obésité et la sédentarité infantile

2 novembre 2016 - Karaté / Karaté pour tous

Préoccupée par l’augmentation du nombre d’enfants obèses (1 sur 3 en 2010, contre 1 sur 4 en 2008), l’Union Européenne a mis en exergue que ce changement coïncidait avec l’émergence des activités sédentaires, comme regarder la télévision, surfer sur internet ou encore jouer aux jeux vidéo. Suite à ce constat et afin de lutter contre l’obésité et la sédentarité des enfants de 6 à 9 ans, l’Union Européenne a établi un plan d’action, et cofinance le projet « Sport at School », avec lequel la Fédération Française de Karaté et Disciplines Associées a signé un partenariat.

Retour avec Franck Richetti, Coordonnateur Technique National, sur les enjeux de ce projet ambitieux.

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sport-at-schoolFFKDA : Qu’est-ce que le projet « Sport at School » et en quoi consiste-t-il ?
Franck Richetti : Le projet « Sport at School » est issu du programme Erasmus+, qui favorise la mise en place de divers projets européens. « Sport at School » est un projet à destination des étudiants, sur lequel plusieurs fédérations européennes travaillent conjointement. Concernant le karaté, c’est la fédération italienne qui a été pionnière et porteuse du projet, avec notamment des activités précises déjà expérimentées auprès des écoles et des enfants.

L’objectif premier de ce projet santé est de lutter contre la sédentarité et l’obésité chez l’enfant scolarisé en primaire. L’idée est de l’accompagner via une approche novatrice basée sur la recherche scientifique, à travers, par exemple, divers parcours de motricité au cours desquels il devra trouver des réponses/solutions aux problèmes qu’il rencontre.

Aujourd’hui 6 pays sont membres du projet, à savoir l’Italie, l’Allemagne, l’Espagne, la Pologne, le Portugal et la France. C’est intéressant car si le judo et la lutte, entres autres sports, sont intégrés dans le programme national des écoles, le karaté n’y a pas encore sa place. Or, via ce projet, nous avons à ce jour la possibilité de faire entrer la discipline au niveau de l’Education Nationale, et ce non plus uniquement par rapport à son impact sportif, mais réellement pour la valeur ajoutée qu’il apporte au niveau de la santé, de la motricité auprès des enfants.

Quel est le rôle du karaté dans ce projet ?
F.R. : Le karaté est un très bon outil au niveau de la santé. Outre l’effort physique, il s’agit d’une discipline variée, où le travail peut être statique ou dynamique mais permet aussi aux enfants de découvrir leur corps, via les systèmes de visés et déplacements etc… C’est une discipline riche, adaptée et proposée via des parcours pédagogiques, comme évoqué précédemment, qui permettent aux enfants d’inclure des gestes et de la technique dans leur pratique. L’enfant doit trouver sa solution, et ainsi il comprendra et intègrera mieux les différents mouvements.

Comment se passe le travail collaboratif entre les différentes fédérations européennes ?
F.R. : Eh bien, il y avait une vraie difficulté qui résidait dans le fait que chaque pays possède une structuration différente, notamment vis-à-vis du ministère chargé des programmes scolaires. Il a donc fallu aborder la conception de la scolarité propre à chacun des pays membres, ainsi que leur vision de la place du sport dans l’apprentissage scolaire. L’idée est vraiment que chaque pays soit soumis au même protocole pour valider les attentes du programme européen « Erasmus+ ».

Une fois validé, on planifie le plan d’action pour former des techniciens qui vont intervenir dans les écoles. Pour chaque pays 4 écoles ont été désignées, afin de pouvoir montrer concrètement les effets qui ressortent de cette expérimentation. Le projet est supervisé par 2 experts d’EPS, dont l’un formera 3 intervenants dans les écoles. Enfin, les résultats seront analysés par deux universités européennes, celle de Padoue (Italie) et celle de Madrid (Espagne), avant la publication d’un compte rendu officiel.

Concrètement, l’expérimentation dans les écoles commencera en septembre 2017. Dès mars 2017, nous allons former des techniciens pour qu’ils puissent intervenir dans les écoles. Après une année scolaire d’expérimentation, une évaluation sera faite par les deux universités en juin 2018, avant publication du compte rendu en fin d’année 2018.

Comment cela se déroule-t-il en France ?
F.R. : La FFKDA a signé le partenariat avec « Sport at School » lors des championnats d’Europe de Montpellier (mai 2016, ndlr.) Le programme, lancé en janvier 2016, se conclura en décembre 2018, soit après une période de 3 ans.

Les écoles primaires françaises, au nombre de 4, qui ont été choisies pour l’expérimentation se trouvent à Paris, où Philippe Sauvage, Professeur d’EPS de la Ville de Paris et professeur de karaté, sera en charge de la supervision du projet, et à Tour (37), où l’intervenant phare sera David Chereau, professeur de karaté et formateur d’enseignants scolaires proposant le karaté dans les écoles.

Ce qui est intéressant pour la FFKDA, est le fait qu’être impliqué dans ce projet permet d’être reconnu dans le système de karaté santé au niveau européen, mais aussi français. Reconnaissance qui s’applique également à l’activité physique que permet cette discipline, ce qui est réellement intéressant pour un public scolaire.

Ce projet est très positif et nous permet également d’adapter le cadrage de nos formations à venir, au niveau des interventions en école primaire. Il y a de la matière à récupérer de l’expérience d’autres fédérations nationales. Aujourd’hui la FFKDA a déjà un bon savoir-faire, mais on va pouvoir continuer de s’améliorer en s’appuyant sur des expériences enrichissantes et concrètes.

 

Le projet « Sport at School » a été financé avec le soutien de la Commission Européenne. Cette publication reflète uniquement les opinions de l’auteur, et la Commission ne peut pas être tenue pour responsable de l’usage qui pourrait être fait des informations qui y sont contenues.