Karaté : les preuves des bienfaits arrivent !
Karaté

Karaté : les preuves des bienfaits arrivent !

27 mars 2018 - FFK / Karaté pour tous

Fin septembre dernier, la Fédération Française de Karaté vous informait de la mise en place du programme « Sport at School » dans 4 écoles primaires françaises. Pour rappel ce programme consiste en la mise en place de cours de karaté auprès de publics de primaires, afin d’évaluer sur un an les bienfaits de la pratique tant au niveau physique que psychique et moteur. En février, après 4 mois de pratique un premier test comparatif a été réalisé. Explications.

© DR / FFK
© DR / FFK

Après quatre mois de cours de karaté, à raison de deux fois 45 minutes par semaine, Joy Klein, qui réalise l’expérimentation dans une école de la ville de Bousse (Moselle), nous livre les premiers résultats.

Pouvez-vous nous rappeler combien d’élèves font partie de l’expérimentation et de quel niveau scolaire sont-ils ?
Joy Klein : J’anime des cours de karaté auprès d’élèves de CE1. Dans la classe qui suit l’expérimentation ils sont 24, avec un pourcentage similaire de filles et de garçons. A savoir qu’une autre classe est évaluée, afin de comparer les résultats, mais celle-ci suit les cours d’EPS habituels, afin de vraiment pouvoir se rendre compte de l’impact de cette discipline sur l’évolution de l’enfant, tant physique que psychique.

De premiers tests avaient été réalisés en septembre, au départ de l’expérimentation, et d’autres ont eu lieu en février. Quel bilan tirez-vous pour le moment ?
JK : Oui en effet, afin de pouvoir réaliser un suivi et comparer l’évolution, nous avons testé les enfants des deux classes avant le démarrage de l’expérimentation, en septembre 2017. Ce dernier portait sur six tests sportifs et un test sur ordinateur pour mesurer l’attention et la concentration. En février, nous avons réalisé un test sportif, pour mesurer l’endurance, un test sur ordinateur, et nous avons mesuré et pesé les enfants, car il ne faut pas oublier que l’objectif majeur de cette expérimentation est de lutter contre l’obésité chez l’enfant.

IMG_8338
© DR / FFK

Outre ces tests, j’ai pu observer tout au long des séances que les enfants ont gagné en souplesse, équilibre, coordination et motricité. C’est vraiment flagrant, car le programme européen fait que les exercices sont similaires d’une séance à l’autre, donc on se rend vraiment compte de la progression. Au départ on montre un exercice et c’est difficile pour l’enfant, mais avec le temps il le réalise sans problème, avec aisance. Ils progressent, coordonnent mieux le haut du corps, le bas du corps, le côté droit, le côté gauche… Le cérébral est également sollicité. Ce qui est intéressant c’est de briser les frontières d’un cours de karaté, car par le biais des exercices on leur donne des compétences sportives pour pratiquer n’importe quel sport.

En terme de psychique, là aussi j’ai pu observer une réelle amélioration au fur et à mesure des séances. Les enfants sont plus disciplinés. Lorsqu’ils sont prêts ils m’attendent en ligne, sans bavarder, alors que pourtant il n’y a pas d’autorité qui entre en jeu. Ils le font d’eux-mêmes, et pourtant au départ, ça courait partout ! Les enfants se bousculaient, voulaient se passer les uns devant les autres, faire les exercices uniquement avec leurs copains. Aujourd’hui, quel que soit le partenaire ils y vont bon train, ils attendent leur tour etc. Même la maitresse, qui a trente ans d’expérience derrière elle trouve cette classe bien plus concentrée que toutes celles qu’elle a pu connaître, et notamment celle qui ne suit pas l’expérimentation.

Elle m’a également rapportée que ceux qui suivent les cours de karaté se sont beaucoup améliorés en géométrie. On dit qu’il y a un lien entre le karaté et les mathématiques, notamment par les repères dans l’espace, et elle m’a confiée que leurs progrès sont flagrants par rapport aux classes des années précédentes.

Quelle est la suite à donner à ce programme qui prendra fin en juin, avec la fin de l’année scolaire ?
JK : Eh bien en juin nous referons l’ensemble des tests sur les deux classes afin de mesurer l’impact sur l’année. L’idée est que le programme continue en montrant aux instances de l’Education Nationale que le karaté, enseigné tel qu’il l’est aujourd’hui, a un impact positif sur le développement de l’enfant. Il s’agit de se sortir de l’image violente qu’ont beaucoup de gens. Déjà aujourd’hui nous avons vu les vertus sur la motricité et le psychique, en juin cela ne devrait qu’être plus parlant, car il y aura des chiffres concrets.

IMG_8296
© DR / FFK

L’objectif est que les écoles puissent proposer le karaté et demander facilement un éducateur sportif de karaté. J’ai déjà des demandes qui m’ont été formulées, car cette expérimentation fait parler d’elle, entre le bouche à oreille et les médias, c’est vraiment encourageant pour la suite.

Si cela fonctionne, des éducateurs de karaté viendront former les professeurs des écoles qui le souhaitent afin qu’ils puissent à leur tour proposer ce programme dans leurs établissements. C’est très abordable, même pour quelqu’un qui ne pratique pas le karaté, et ça le sera d’autant plus qu’on s’adaptera si c’est voué à évoluer. Nous pourrions créer des livrets avec des photos, des explications, afin que les enseignants soient en autonomie. Car si nous voulons travailler conjointement avec l’Education Nationale, il faudra en passer par là.

L’université de Madrid, qui collecte l’ensemble des résultats des six pays test, sortira par ailleurs un rapport en septembre, afin de rendre ces résultats concrets et parlant.