Du karaté à l’hôpital grâce à Premiers de Cordée !
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Du karaté à l’hôpital grâce à Premiers de Cordée !

3 janvier 2018 - FFK / Karaté pour tous

Vendredi 22 décembre 2017, Sébastien Ruffin, Délégué Général de l’association Premiers de Cordée, était au siège de la Fédération Française de Karaté afin de signer le renouvellement de partenariat qui lie l’association à la FFK. Une collaboration pérenne, qui permet que le karaté soit proposé aux enfants hospitalisés par le biais d’initiations et d’échanges. Explications.

Sébastien Ruffin entouré de Dominique Charré (g) DTN, et Francis Didier (d), président de la FFK
Sébastien Ruffin entouré de Dominique Charré (g) DTN, et Francis Didier (d), président de la FFK

Faire entrer la pratique sportive au sein des hôpitaux, et plus précisément dans les services pédiatriques, tel est l’objectif et le cœur de mission de l’association Premiers de Cordée. En ce sens, plusieurs fédérations sportives sont partenaires, dont la Fédération Française de Karaté depuis maintenant plus de dix ans (la première convention a été signée en juillet 2007, ndlr.) . Pourquoi et comment développer le sport auprès des enfants hospitalisés ? Quels sont les bienfaits du karaté pour ce jeune public ? Entretiens croisés avec Sébastien Ruffin, délégué général de Premiers de Cordée et Franck Richetti, conseiller technique national de la FFK.

Pourquoi développer le sport au sein des hôpitaux ?
SR : Eh bien au départ, tout est parti d’une réflexion commune avec des sportifs de Haut Niveau sur comment rendre accessible la pratique du sport à ceux qui n’y ont plus accès. Naturellement nous nous sommes tournés vers les services pédiatriques, car les enfants hospitalisés sont loin d’avoir un quotidien léger et facile. Ils sont coupés de leur environnement familial et social, certains effectuent même leur parcours scolaire directement à l’hôpital… En bref ce n’est pas un quotidien évident. Il y a bien des activités la journée, comme des ateliers théâtre, peinture, venue d’un clown etc. mais la problématique résidait dans le fait qu’une fois le dîner passé, les enfants se retrouvaient seuls dans leur chambre, sans opportunité pour s’occuper.

Le sport a de multiples bienfaits, preuve en est que le décret sur le sport sur ordonnance est entré en application au 1er mars 2017. On s’est donc dit qu’on allait devenir un maillon de la chaîne, en devenant nous aussi une activité à part entière pour les enfants, et en s’insérant dans des créneaux plus tardifs permettant ainsi d’être un complément au bien-être de l’enfant.

Le sport est aujourd’hui reconnu par les pédiatres comme ayant un double intérêt. D’une part en termes de confiance en soi, car ces enfants sont les premiers à penser qu’ils sont incapables de bouger, d’accomplir quelque chose. Le sport procure du bien-être, de par la sécrétion d’endorphines due à la dépense physique, mais également parce que l’enfant se rend alors compte qu’il peut faire beaucoup de choses. Ils affrontent l’avenir et la maladie avec plus de confiance. D’autre part, même si aujourd’hui c’est difficilement quantifiable et indentifiable précisément, il y a un impact de la pratique sportive sur la maladie. Je pense à l’obésité, au diabète etc. C’est reconnu comme efficace et utile. Je sais qu’au niveau des sports de combat, les pédopsychiatres nous confient que cela aide à canaliser les patients souffrant de troubles du comportement. Cela apporte entre-autres de la discipline et aide à les canaliser grâce à la dépense énergétique.

Quel est l’intérêt de renouveler ce partenariat entre Premiers de Cordée et la FFK ?
SR : Pour nous travailler avec les fédérations est un élément essentiel. La grande majorité de notre budget est injecté dans le sport à l’hôpital. Ce renouvellement permet que le karaté fasse partie des sports proposés en animation dans les hôpitaux. Pour nous cela permet d’avoir une mise à disposition d’éducateurs sportifs et de cadres techniques professionnels et aguerris. On s’appuie sur le savoir-faire des fédérations en termes de pratique sportive adaptée. Nous gérons les à-côtés mais l’animation est sous la responsabilité de l’animateur à 100%.

FR : De notre côté l’avantage est d’une part que le karaté soit valorisé et entre dans les hôpitaux au même titre que d’autres sports, mais cela nous permet surtout d’animer nos ateliers clés en mains. Premiers de Cordée s’occupe de toute la partie logistique. Ils fournissent le matériel, les bénévoles, se chargent de faire l’interface entre nous et les hôpitaux. C’est un confort non négligeable. En second lieu, je pense que la pratique du karaté est un vrai atout pour les enfants hospitalisés. Ses avantages sont multiples et variés. Le karaté intervient sur le physique, le mental… C’est très complet et adapté.

Justement, quels sont les bienfaits concrets de la pratique du karaté pour ces enfants malades ?
SR : Eh bien, comme j’évoquais précédemment, les pédopsychiatres viennent vers nous en nous confiant les bienfaits concrets qu’ils observent. Pendant plusieurs années nous avons travaillé avec l’hôpital Saint-Anne (Paris), et ils ont été les premiers à formuler le souhait qu’on vienne faire des mini-stages de trois jours afin d’aider les enfants à se canaliser.

FR : Au-delà de cet aspect, le karaté est varié et complet, comme abordé précédemment. Au niveau du physique, on entre dans la motricité de base, l’équilibration, la coordination, la dissociation et en associant le travail des muscles superficiels et profonds. C’est très intéressant car ils découvrent ou redécouvrent leur corps et l’utilisation qu’ils peuvent en avoir.

Au niveau cardio-respiratoire c’est très positif également, car bouger son corps va permettre de le stimuler à nouveau physiologiquement. En outre, cela procure une fatigue saine. Aujourd’hui beaucoup de patients sont fatigués par leurs traitements, leurs soins, les manipulations etc. Or grâce à cette dépense sportive, la fatigue engendrée va permettre d’enclencher un meilleur sommeil et réduire le stress.

En terme de mental, il faut rappeler que le karaté représente un combat. C’est comme si le pratiquant se battait contre sa maladie et évacuait celle-ci en expirant, tout en réalisant des mouvements. Travailler à deux c’est aussi échanger, partager des mouvements, c’est accepter d’être attaqué et de répondre avec une contre-attaque. C’est s’opposer à la maladie.

Il y a également la confiance en soi qui intervient. Avec la pratique les enfants prennent des habitudes, des automatismes. Ils apprennent des mouvements et situations qui leur permettent d’anticiper par la suite en identifiant les attaques, mais aussi à se déplacer tout en respectant la distance avec le partenaire, le niveau d’attaque, la précision de la technique… Tout un ensemble de situations où l’enfant prend conscience qu’il est capable de s’opposer à quelqu’un, et qui lui permet à terme de gagner en confiance. Evidemment l’enseignant doit instaurer une ambiance ludique et de plaisir, la clé de la pédagogie.

Quelle sera la place du Karaté dans les hôpitaux pour cette olympiade ?
SR : La convention que nous avons renouvelée ce vendredi 22 décembre, implique que la FFK mettent à disposition des éducateurs dans le cadre du « Sport à l’Hôpital » et de la « Semaine du Sport à l’Hôpital ». Pour le premier programme la FFK encadrera entre 3 et 8 animations annuelles en soirée, et pour le second elle encadrera 2 à 5 initiations annuelles en après-midi.

FR : Premiers de Cordée a pour objectif de se développer en région, en ce sens la FFK incite ses Comités Départementaux et/ou Ligues Régionales à décliner la convention nationale, afin que le sport à l’hôpital puisse se développer partout et soit accessible au plus grand nombre d’enfant