La FFK & son président reçoivent la WKF
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La FFK & son président reçoivent la WKF

12 avril 2018 - FFK / Karaté

Elles s’étaient déjà réunies dans la capitale française l’an dernier, les têtes pensantes de la Fédération Mondiale de Karaté (WKF) étaient de nouveau présentes à la Fédération Française de Karaté ces 10 et 11 avril 2018. Deux journées de réunions intenses, avec Tokyo 2020 au cœur des discussions, mais aussi la perspective de Paris 2024, et de la candidature du karaté.

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Décryptage avec quatre acteurs essentiels de la WKF, Antonio Espinos, président (1), Gunnar Nordahl, responsable de la Commission du Planning Olympique (2), Toshie Murata, responsable de la compétition du karaté pour Tokyo 2020 (3), et Souleymane Gaye, Vice-président de l’Union des Fédérations Africaines de Karaté (4).

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De gauche à droite : A. Espinos (1), G. Nordahl (2), T. Murata (3), S. Gaye (4) – © DR / FFK

Deux jours de réunions et des sujets variés

Avec dix réunions programmées, et vingt-et-un membres présents, le programme était chargé, et les sujets abordés variés.

 « Le karaté est passé olympique en 2016, nous avons donc besoin d’avoir désormais plus d’activités et donc de réunions, explique Antonio Espinos. Pour faire des progrès nous avons besoin de nous réunir et d’échanger. On profite de ces moments, où beaucoup de commissions sont présentes, pour aborder une variété de sujets. Il y a des initiatives à prendre, compte tenu des Jeux Olympiques de la Jeunesse (Buenos Aires – 1e au 12 octobre 2018, ndlr.) et de Tokyo 2020, mais ces rencontres sont aussi l’occasion d’aborder et de répondre à des questions spécifiques qu’ont certaines fédérations nationales. On échange, on expose les orientations à prendre. » Des réunions organisées à Paris, au sein de la FFK car « c’est un lieu idéal en termes de logistique. L’hôtel à proximité, la surface et la restauration directement dans la fédération, permettent qu’on ne perde pas de temps et qu’on soit tous ensemble. »

L’olympisme, au cœur des discussions

Si l’entrée du karaté dans l’olympisme « est le plus grand objectif qu’on ait pu avoir, confie A. Espinos, il n’est pour l’instant qu’un sport additionnel pour Tokyo 2020 et son intégration complète et définitive est notre nouvel objectif ! » Souleymane Gaye, explique notamment que « l’olympisme est un vecteur de développement, notamment pour le karaté africain. La situation actuelle est déjà bénéfique sur certains points. Pour certains pays africains, cela va nous permettre de mettre l’accent sur la formation, les préparations athlètes etc. notamment grâce au programme de solidarité Olympique. Le CIO donne priorité aux cinq disciplines additionnelles en termes d’assistance, et nous travaillons déjà dessus. Cela nous permettra de créer une culture d’Elite, ciblant cinq ou six athlètes par pays afin de leur apporter le soutien financier et donc préparatoire dont ils ont besoin pour performer. Pouvoir leur offrir une bourse, c’est leur donner, outre les moyens d’entrainements, ceux de participer aux compétitions internationales et d’engranger des points pour le ranking WKF. »

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Gunnar Nordahl explique quant à lui le rôle de la Commission de Planning Olympique. « Notre tâche principale est de travailler sur le système de qualification. En effet, l’idée est d’avoir les meilleurs athlètes mondiaux, mais il y a un nombre limité de place, dix par catégorie, pour huit catégories. Ainsi, il faut trouver le juste équilibre, entre avoir les meilleurs mais aussi d’avoir une universalité avec l’ensemble des continents représentés. On travaille avec le Comité International Olympique pour Buenos Aires et Tokyo car il y a un système bien établi pour participer aux JO. Nous sommes en train d’apprendre à devenir un sport olympique ! »

Toshie Murata, quant à lui responsable de la compétition du karaté pour Tokyo 2020, revient sur ses missions. « Mon travail consiste à préparer cette compétition, du gymnase au transport, en passant par le programme, le format etc. C’est très excitant, et en même temps stressant car c’est la toute première fois que le karaté sera aux JO, et tous les karatékas du Monde auront les yeux rivés sur cet événement exceptionnel. Au-delà de cette pression positive, il y a aussi le fait que le karaté soit un sport additionnel pour le moment, et sa pérennisation va également dépendre de cette première fois… Si c’est un succès à Tokyo, cela augmentera nos chances par défaut. Il faut donc montrer une image positive, de la compétition en elle-même mais aussi des acteurs, tels que les coaches, les volontaires, les compétiteurs. Montrer un bon esprit sportif et de la courtoisie sera un élément clé de notre succès. »

Paris 2024 en ligne de mire

Interrogés tous les quatre au sujet de Paris 2024, les interlocuteurs de la WKF ont d’une voix commune déclaré leur souhait le plus cher de voir le karaté figurer au programme. « Quand la candidature pour les JO 2024 s’est jouée, nous étions ravis que Paris l’ait emporté, tout simplement parce que le karaté français jouit d’une excellente réputation à l’instar de la Fédération Française de Karaté » souffle S. Gaye. Et G. Nordahl d’ajouter, « nous y croyons vraiment car la France est une nation forte du karaté sur le plan mondial et la Fédération Française de Karaté est importante et influente. C’est intéressant pour le comité organisateur d’intégrer un sport qui rencontre un vrai succès dans son pays. Je crois que nous avons toutes nos chances, mais il faut qu’on soit performant sur nos deux premiers rendez-vous, en Argentine et au Japon, car c’est ce qui va déterminer l’avenir de notre discipline. On ne peut pas se permettre d’être complaisant et nous devons tout faire pour valoriser au mieux notre sport. »

Pour Toshie Murata, qui s’occupe du karaté pour Tokyo 2020 c’est un « véritable espoir de voir le karaté continuer d’être présent aux JO dans l’avenir. Il faut y aller étape par étape, mais c’est le rêve de tous les karatékas. La Fédération Française de Karaté tout comme celle du Japon est une fédération forte, qui doit montrer la voie aux autres, et pour Paris 2024, le président de la FFK est une personne très responsable au sujet de l’avenir du karaté. »

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Des espoirs, des croyances, et une préparation du terrain que M. Espinos mène depuis déjà plusieurs mois. « Etre dans la famille olympique est un catalyseur de développement et permettra que le karaté s’implante rapidement et universellement. On souhaite vraiment pouvoir avoir une place permanente pour Paris 2024. Aujourd’hui on travaille à avoir de bonnes relations avec les responsables de Paris 2024. En décembre dernier j’ai rencontré le chef de file du comité d’organisation ainsi que la Ministre des Sports, ici à Paris. Nous avons, avec la Fédération Française de Karaté, élaboré un dossier de présentation sur la situation actuelle du karaté. On y montre la situation du karaté dans le Monde, puis au niveau de la France, et enfin la situation de la France dans le Monde. Cela permet de montrer la vraie dimension de la WKF et du karaté français, qui jouit d’une implantation sociale incroyable. C’est un sport très important en France, et en même temps le karaté français à un impact significatif dans le Monde, avec de très bon résultats et beaucoup de médailles. C’est très intéressant pour Paris 2024 d’avoir conscience qu’ils ont de grande chances de médailles nationales si le karaté est dans leur programme. »

D’ici-là, un autre événement pré-olympique majeur se déroulera dans la capitale tricolore, à savoir le Tournoi de Qualification en vue des Jeux Olympiques de 2020. Cet événement se déroulera les 8, 9 et 10 mai 2020 à l’AccorHotels Arena et réunira entre 600 et 800 compétiteurs. « C’est une très belle opportunité, commente A. Espinos, nous allons pouvoir montrer le vrai niveau du karaté, et l’image dont il jouit auprès du public français. Cette opportunité offerte par Francis Didier et la FFK, est une étape clé dans notre candidature pour Paris 2024. Nous espérons réitérer le succès formidable qu’avaient rencontrés les championnats du Monde de Bercy en 2012, et ainsi donner une grande visibilité de notre sport ici à Paris, devant les autorités compétentes de Paris 2024. Cette étape sera un moment stratégique pour la décision de Paris 2024. »

 

Ce rendez-vous de la WKF et des 22 membres de son comité de direction est voué à être annuellement accueilli au sein de la Fédération Française de Karaté.