Feracci et Montarello tiennent le cap
Compétition

Feracci et Montarello tiennent le cap

3 décembre 2018 - Competitons / Karaté

L’édition 2018 a eu son lot de révélations et de surprises, mais du côté des confirmations, on a surtout vu les deux titulaires en équipe de France, Alexandra Ferraci, qui emporte une nouvelle coupe de France, la dixième sans interruption et Enzo Montarello récupérer son bien.

Petit nouveau dans l’équipe d’encadrement national, et déjà prêt à accompagner l’équipe jeune pour sa prochaine sortie internationale, Lucas Jeannot, vice-champion du monde 2016 en équipe, était attentif, aux côtés du responsable Ayoub Neghliz et de Stéphane Mari et Myriam Szkudlarek. Pour cette coupe de France, il y avait une sélection aux championnats d’Europe des jeunes en jeu et moins de certitudes qu’à l’habitude. Le kata français continue à se reconstruire et devra faire face aussi, comme les autres, à l’inconnu du changement de système de jugement qui se profile. Dans quelques mois, on retrouvera en effet un jury de sept membres, chargé de noter chaque prestation avec un ratio de sept sur dix pour la technique et de trois sur dix pour le physique. Des enjeux nouveaux et potentiellement des hiérarchies bousculées, des places à prendre.

Des minimes première année au top

La compétition des minimes, d’excellent niveau, a mis rapidement du baume au cœur des encadrants nationaux, satisfaits de voir le travail payer dans cette catégorie d’âge. Chez les féminines, c’est la petite sœur Bui, la troisième, la jeune Maï-Linh Bui, qui l’emporte dès sa première année minime, après avoir dominé la catégorie d’âge des benjamines. Un excellent signe de précocité qu’elle partage avec Sasha D’Angelo, lui aussi vainqueur pour sa première année minime. « La catégorie était très intéressante à suivre et la victoire s’est jouée sur les détails. Il y a du potentiel dans cette génération et nous allons continuer à les suivre de près», se félicite Ayoub Neghliz.

© Denis Boulanger / FFK
Victoire pour Sacha D Angelo dans la catégorie minime masculin / © Denis Boulanger – FFK

Pareil, mais en mieux pour la cadette Leitao

Une sélection européenne était en jeu dans la catégorie d’âge supérieure. Comme l’année dernière, Romane Leitao du KCVO se hisse en finale mais doit s’incliner devant l’internationale Belge, licenciée à Longwy, Younmi Novo. Même issue finale, mais une analyse à faire bien différente, car si, en 2017, la Belge avait largement dominé la jeune Française, cette fois, c’est sur un 3-2 très serré qu’elle gardait l’or, alors même qu’entre-temps, elle est devenue médaillée mondiale à Ténérife, ce qui situe le niveau. Aux prochains championnats d’Europe ? La Belge sera passée junior, ce qui ne sera pas le cas de Romane Leitao, championne de France en mars. Absente de la sélection en 2018, elle a, paradoxalement, avec le même classement que l’année dernière, marqué beaucoup de points pour être cette fois du voyage.

Chez les cadets, on attendait la performance de Jimmy Ouch, premier au Luxembourg. Il se fait surprendre 3-2 par l’élève de Romain Lacoste, Haron Weiss en demi-finale, lequel dispute donc sa première finale à ce niveau, contre le patron actuel de la catégorie, lui aussi du KCVO, Fabien Tran. Il ne pourra cependant être engagé en individuel au niveau continental et la porte s’ouvre donc pour ses plus jeunes rivaux, dont Hugo Poisson, la seconde médaille de bronze. « C’est un quatuor que l’on attendait. Il y aura plein d’informations à prendre à la Venise Cup pour fixer des hiérarchies », se réjouissait d’avance le responsable du kata français.

Sanchez et Poisson chez les juniors

Emma Sanchez, souvent médaillée sur le plan national mais rarement victorieuse, sortait sa compétition de référence sur cette coupe de France où elle s’impose en outsider, sortant notamment des références comme Léa Pons ou Ines Ulric. Une attitude de compétitrice, acquise peut-être en ramenant la médaille de bronze du championnat d’Europe par équipes, qui a impressionné.
Chez les juniors masculins, le SKB Épinay-sous-Senart avait deux des plus belles cartes dans sa manche avec Romain Poisson et Florian Nabucet, qui pouvaient légitimement prétendre être la relève derrière les Mrozek et autre Ngoan, en senior cette année. Mais si Romain Poisson, troisième des championnats de France, parvient à prendre ce bon sillage en s’imposant largement, Florian Nabucet est écarté de la finale 3-2 par l’Aquitain Mahel Stassiaux (Dojo Lantonnais).

Emma Sanchez récompensée chez les juniors / © Denis Boulanger - FFK
Emma Sanchez récompensée chez les juniors / © Denis Boulanger – FFK

Feracci, déjà à Shanghaï

Pas de grand suspens en senior féminine, d’autant que Sandy Scordo n’avait pas fait le déplacement et que Jessica Hugues, dos bloqué par un lumbago, a dû renoncer dès le matin. Sans surprise et sans perdre un drapeau, Alexandra Feracci s’impose à toutes ses rivales. Mine de rien, une domination nationale qui s’affirme d’année en année. « Après ses championnats du monde réussis, Alexandra est désormais 6e de la Standing Tokyo 2020 pour la course aux Jeux. Elle sera à Shanghaï (Série A, 7-9 décembre) où elle ira pour prendre des points et ne pas laisser d’autres s’installer devant. Ensuite, c’est l’Open Paris Karaté en janvier qui va ouvrir son année 2019 » précise Ayoub Neghliz, satisfait de la prestation de la leader corse, cinquième des derniers championnats du Monde de Madrid.

La surprise Ngoan, le titre pour Montarello

Enzo Montarello n’était pas le tenant du titre, que Sorey Morassi avait su lui subtiliser l’année dernière alors qu’il testait un « gankaku » encore fragile. Cette fois, pas de déséquilibre pour le titulaire de l’équipe nationale, et une domination très large de tous ses rivaux. Lui non plus ne lâche pas un drapeau. La bonne surprise vient du finaliste, l’excellent technicien Franck Ngoan. Souvent cité en potentiel d’avenir, il a su s’affirmer au présent cette fois dès sa première année senior, stoppant Jonathan Maruani, et battant aussi le vainqueur 2017, Sorey Morassi. Cette « pépite » de dix-huit ans dont le niveau technique pourrait profiter du changement de système, monte en puissance… mais a aussi un impératif cette année : réussir son bac.

© Denis Boulanger / FFK
© Denis Boulanger / FFK

Une nouvelle équipe aux championnats d’Europe seniors ?

Le staff national a été très attentif aux équipes cette année car il avait été décidé de faire l’expérience de laisser aux clubs le soin de construire une bonne équipe potentiellement sélectionnable aux championnats d’Europe. Le SKB a manifestement rempli les critères au niveau de cette coupe avec la victoire sur le Mabushi de Sorey Morassi des deux frères Ngoan, Kewin et Franck. « Il faudra maintenant confirmer lors de l’Open Paris Karaté – Premier League avec un jugement international. » précise Ayoub Neghliz, avant d’ajouter : « Au niveau de l’arbitrage, nous avons noté également une harmonisation par rapport à ce que l’on voit à l’international, d’autant plus avec les règles qui vont évoluer prochainement. La dominance du travail technique par rapport au travail physique a été pris en compte et c’est important pour la suite de notre travail sur le plan national. »

Une dynamique d’équipe emmenée de façon générale par les individualités fortes puisque, chez les jeunes, le SKB l’emporte aussi avec les frères Poisson, Romain et Hugo, accompagnés de Florian Nabucet, tandis que Maï-Linh Bui, Emma Sanchez, avec Lauryn Polge, dominent les jeunes chez les féminines pour le club d’Annecy, qui double la mise avec les seniors.

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