Euro Nanbudo : Boucard & François se confient
Karaté

Euro Nanbudo : Boucard & François se confient

27 avril 2018 - Karaté

Ils représenteront la France les 19 et 20 mai prochains lors de la coupe d’Europe de Nanbudo, Liza Boucard et Kévin François, membres de l’Equipe de France de Nanbudo, partagent leurs ambitions et rêves de médailles à un mois de l’échéance. Rencontre avec deux médaillés mondiaux.

© DR / FFK
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Une passion… par hasard !

S’ils ont tous deux commencé leur pratique du Nanbudo vers l’âge de 9 ans, Liza Boucard et Kevin François, expliquent que cette découverte de l’art martial s’est faite par hasard. La première, fut inscrite par son père, le second invité par un copain dans son club…

« Mes débuts Nanbudo, je les dois à mon père. Il souhaitait que je fasse du sport, et plus précisément des arts martiaux, voire même du judo dans l’idéal, car il en avait fait plus jeune. Finalement, n’ayant pas trouvé de bons clubs dans la région, il m’a inscrite au Dojo Bunkai de l’Estaque qui proposait donc du Nanbudo. Au départ, cela me convenait bien, car je me dépensais physiquement, et que je me disais que le sport, quel qu’il soit, était bon pour la santé et l’entretien. Avec le temps, j’ai découvert l’autre visage du Nanbudo, et j’ai vraiment commencé à m’y intéresser. Il y a un côté spirituel, de développement, de bien-être… Je m’épanouis vraiment grâce à tout ça » confie Liza.

Pour Kevin l’histoire est similaire. « C’est un copain de classe qui pratiquait le Nanbudo qui m’a convié à un cours. J’ai essayé et ça m’a tout de suite plu. J’ai toujours été attiré par les sports de combat, et cette pratique, qui comprend des coups de poings, des coups de pieds, des blocages, m’a tout de suite intéressée. Au départ j’étais plutôt orienté Ju Randori (la partie combat de la discipline, ndlr.), mais avec le temps je me suis aussi découvert un véritable attrait pour le kata. »

2018, année charnière

© DR / FFK
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Paysagiste de profession, Kévin François explique que « ce n’est pas toujours facile de mêler travail et entraînement. Je suis à mon compte et parfois il y a des priorités professionnelles qui font que je ne peux pas me rendre à un entraînement car je termine trop tard. En ce moment, avec le printemps et les jours qui sont plus longs, c’est plus simple, car si je ne peux pas me rendre à un cours, j’en profite pour courir, faire des entraînements personnels. Il m’arrive aussi de demander au professeur si je peux rester un peu plus tard que prévu dans le dojo, afin de pouvoir continuer à travailler lorsqu’il m’est possible de pratiquer en club. C’est compliqué, mais on y arrive ! »

Pour Liza Boucard, étudiante, la difficulté est également présente, avec des enjeux d’avenir qui se jouent dès maintenant. « L’annonce de ma sélection a été un soulagement et un moment de bonheur. Je suis très motivée, car j’ai à cœur de montrer que, malgré les titres acquis, je ne me repose pas sur mes lauriers. Toutefois, j’ai mis ma préparation entre parenthèse quelques jours, car je prépare le concours pour intégrer une école d’agronomie. J’ai donc hiérarchisé les priorités, car mes études sont très importantes. Dès que ce concours sera passé, je me remettrai intensément dans ma préparation sportive. Cela passe par le travail technique, mais je travaille également le cardio, en courant régulièrement et l’entretien musculaire, en allant à la salle. »

Le Nanbudo, facteur de confiance en soi

Interrogés séparément sur ce que leur apporte la pratique du Nanbudo dans leur épanouissement personnel, les deux athlètes ont répondu très similairement.

Kévin confie que plus jeune il était timide et avait facilement honte. « Je n’étais pas très sociable, je n’avais pas confiance en moi et j’avais des difficultés lorsqu’il fallait m’exprimer en public. La pratique du Nanbudo m’a beaucoup aidé. J’ai appris à me faire confiance, j’ai fait des rencontres, et le fait de devoir entraîner des plus jeunes m’a appris à m’exprimer sans pression, avec plus d’aisance. »

Des qualités que Liza confie elle aussi avoir vu émerger avec sa pratique. « C’est difficile de comparer, car j’ai toujours vécu avec le Nanbudo, mais je pense vraiment que cela m’a apporté sur plan personnel. Je pense à ma timidité, qui était partie-prenante de ma personnalité, et que j’ai réussi à apprivoiser au fil des rencontres. Il y a des liens très forts qui se tissent avec le temps, des personnes que j’ai rencontré qui ont eu un impact sur ma vie. Le Nanbudo représente une grande famille pour moi, c’est très important et ça a marqué ma vie personnelle. »

Double préparation

Tous les deux alignés en Ju Randori et Kata, et ce en individuel comme en équipe, Liza et Kévin doivent jouer avec ces deux pratiques dans leur préparation pour l’échéance continentale. Une préparation qui n’est pas simple.

« C’est important pour moi de me réaliser aussi bien en Ju Randori qu’en Kata, confie la jeune Liza Boucard, j’ai trouvé mon équilibre dans la pratique de ces deux styles. Grâce au combat, je me défoule, j’évacue, et grâce au kata, je me plonge dans la technique, je vis les mouvements que je réalise. Pour cette coupe d’Europe je serai alignée dans les deux épreuves, même les quatre en comptant les équipes. En Ju Randori, la victoire ne dépend pas que de nous mais aussi de l’adversaire que l’on a face à soi, tandis qu’en kata, on est seul sur le tatami, on réalise sa démonstration seul. Tout l’enjeu est de s’approprier les mouvements dès lors que la connaissance technique est acquise. Ces deux styles me conviennent. »

« Pour ma part, expose Kevin, j’étais au départ plutôt tourné vers le Ju Randori, car je trouvais ça plus varié, ça m’intéressait plus. Et plus finalement j’ai appris que plus je pratiquais le kata, plus j’engrangeais de connaissances et je m’améliorai. Aujourd’hui je peux dire qu’en club, j’aime pratiquer les deux. Après, en compétition, mon cœur balance toujours vers le Ju Randori. Je trouve que la pratique du Kata en compétition est plus compliquée, car il y a des variantes pour un même kata, on peut le travailler de manière plus souple, ou plus énergique… »

Gagner chez soi, devant son public

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Pour Kévin, cet Euro en France, c’est une grosse envie de monter sur la plus haute marche du podium, mais aussi une pression supplémentaire. « On veut montrer à son public qu’on est là, qu’on est le meilleur. En plus il y a les 40 ans du Nanbudo en parallèle, donc on veut vraiment véhiculer une belle image de notre art martial. J’ai très envie de gagner, de finir premier, mais je souhaite avant tout que la compétition se passe bien dans son ensemble, que tout se déroule parfaitement. Cette coupe d’Europe en France augmente ma pression. »

Pour Liza, l’appréhension est différente. « J’ai très à cœur de confirmer mes médailles mondiales et de me prouver que je suis toujours au niveau. La France était première nation il y a deux ans, et on veut montrer que c’est toujours le cas ! Le fait que ça se déroule en France, c’est une pression supplémentaire, mais positive, qui nous tire vers le haut. Le message est en quelques sorte ‘on a gagné, on vous invite donc maintenant chez nous’, il faut qu’on assure… Cette coupe d’Europe chez nous, ça me permettra d’avoir mes proches près de moi, ma famille, ma copine, mes amis… Ça me motive »

J-30, dernière ligne droite

Actuellement en train de préparer son concours, la jeune étudiante, quadruple championne du Monde en titre, se confie sur la fin de sa préparation. « Je ne me sens pas vraiment stressée pour le moment, car je sais que je suis encore dans les temps pour peaufiner ma préparation. Le fait de travailler mon concours me permet de me reposer, ce qui est également très important avant une compétition. Dès qu’il sera passé, je vais trouver toute la force qu’il me faut pour m’entraîner et décrocher l’or, j’espère (rires). »

Article - Coupe d'Europe de NanbudoDu côté du paysagiste, même état d’esprit. « Pas de stress pour le moment, mais je sais qu’un ou deux jours avant la compétition ça sera le cas ! Je m’entraîne au maximum, j’essaie de ne manquer aucun entraînement. Avec l’expérience d’autres échéances internationales passées, c’est plus facile de se projeter sur cet euro, je sais à quoi m’attendre. »

Bon courage à tous les deux, ainsi qu’aux 18 autres membres de l’Equipe de France qui seront alignés à la coupe d’Europe de Nanbudo les 19 et 20 mai prochains.

 

Coupe d’Europe de Nanbudo
Samedi 19 et dimanche 20 mai 2018
Institut National du Judo
25 avenue de la Porte de Châtillon
75014 Paris

 

Sélection Equipe de France de Nanbudo