Alizée Agier, démarrage en trombe
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Alizée Agier, démarrage en trombe

8 mars 2018 - Haut Niveau / Karaté

Elle est la sensation de ce début d’année 2018 ! Avec un premier succès à Paris en Janvier et un second à Dubaï, un mois plus tard, la karatéka tricolore, championne du Monde en 2014 s’affirme au fil des semaines comme la leader de sa catégorie. Première au Ranking mondial de la WKF au 1er mars, Alizée Agier (combat -68kg) a parfaitement lancé ce début d’ère olympique et compte bien poursuivre sur cette voie, à Rotterdam dans une semaine. Entretien.

  • Dans quel état d’esprit étais-tu avant Paris, puis Dubaï ? 

J’ai abordé chaque compétition avec sérieux et détermination. J’étais dans ma bulle et je savais que seule la victoire aurait de l’importance. A Paris, devant le public, devant la famille, j’avais envie de gagner et de poursuivre ma série positive dans cette compétition. J’avais ensuite comme objectif de réitérer à Dubaï et c’est ce que je suis parvenue à faire. Je ne peux rien demander de mieux … pour l’instant (sourire).

  • Lors de tes deux finales, tu as largement dominé tes adversaires. Comment tu l’expliques ? 

Je bats la japonaise Someya à Paris. C’est toujours important ce genre de victoire contre des nations importantes pour marquer les esprits. On sait que les japonais sont forts … mais nous aussi. En compétition, les combattantes japonaises ont un profil qui me convient bien. J’avais déjà rencontré et battu cette adversaire à Rotterdam, l’année passée, pour la médaille de bronze. Je pense que j’avais un ascendant psychologique sur elle mais ça ne fait pas tout. J’ai été lucide et sérieuse dans ce combat en marquant la première puis en aggravant le score. A Dubaï, j’ai retrouvé cet état d’esprit avant la finale. Je n’avais qu’une hâte c’était d’aller combattre et gagner. Lors de ces deux finales, j’étais dans une bonne forme et tout s’est bien déroulé pour moi.

Etienne Laurent - FFK
Etienne Laurent – FFK
  • Tu restes sur une belle série à Paris, quel est ton secret ? 

Oui effectivement je fais deuxième en 2014, je gagne en 2015 puis je monte sur la troisième marche en 2016 et je reste actuellement sur deux victoires consécutives. C’est une compétition que j’aime bien et qui me porte chance pour l’instant. J’espère que je vais pouvoir continuer sur cette dynamique sachant que l’année prochaine, l’Open Paris Karaté sera pleinement intégré à la qualification olympique.

  • Tu as été moins spectaculaire qu’à l’accoutumée à Dubaï, c’était une volonté ? 

A Dubaï, l’objectif c’était de marquer mes points tout en contrôlant le combat et mes adversaires. C’est vrai que j’ai été moins spectaculaire que je peux l’être parfois mais le principal c’est la victoire. Sur cette épreuve, ça s’est passé comme cela mais ça n’a pas été le cas sur l’Open Paris Karaté, par exemple. Il faut faire avec la forme et les sensations du jour. Et c’est ce que je suis parvenue à faire.

  • Dans quelle mesure l’intégration du Pôle France – Karate 2020 t’as aidée en ce début d’année ? 

La préparation physique avec trois séances par semaine c’est un élément qui change la donne. On est tous réunis au Pôle et ça créé une belle émulation entre nous, que ce soit pour les séances de karaté comme pour la  préparation physique. Au niveau de mes cours, j’ai des horaires encore plus aménagés qu’avant ce qui me permet de ne rater aucun entrainement. Ce confort dans la vie de tous les jours m’aide énormément pour m’épanouir sur le plan sportif et c’est aussi pour cela que cela marche bien pour moi en ce début de saison.

  • Au Pôle, tu t’entraines au quotidien avec Léa Avazeri, championne du Monde espoir et qui est en -68kg comme toi. Comment ça se passe ? 

Avec Léa on s’entend très bien. On se pousse toutes les deux à chaque fois à aller chercher le meilleur de nous-même. En sport, comme dans la vie, rien n’est jamais acquis et il faut sans cesse travailler. Léa veut forcément aller chercher la place de titulaire en -68kg, c’est normal, c’est le sport de haut-niveau. Il y a de la concurrence dans toutes les catégories et c’est à moi de travailler dur pour conserver cette place. On ne s’est jamais encore rencontrée donc on verra comment ça se passera sur une confrontation directe. La concurrence entre nous est saine. En dehors des compétitions, tout se déroule très bien et c’est important.

Aurélien Morissard - FFK
Aurélien Morissard – FFK
  • Tu es championne du Monde mais tu n’as jamais été titrée sur le plan continental, Novi Sad sera donc un objectif ? 

Le titre continental c’est le seul qui me manque à l’heure actuelle chez les seniors, même si je m’en suis rapprochée l’an passé avec cette finale face à Buchinger. Ça faisait un moment que je courrais après une médaille européenne et en atteignant la finale j’ai franchi une nouvelle étape. Il me reste maintenant à monter sur la plus haute marche de ce podium. Le plateau est élevé en -68kg et il faudra prendre toutes les adversaires au sérieux pour accéder à l’or.

  • Tu es également leader au ranking mondial de la WKF en -68kg, comment tu te vois dans cette catégorie ? 

J’ai bien pris mes marques dans cette catégorie des -68kg  … mais il faut que je continue sur cette lancée. Je suis confiante tout en sachant que je ne dois pas rester sur mes acquis car chaque compétition est différente. Gagner les épreuves avant des grands championnats comme l’Euro ça peut-être à double tranchant … soit on continue sur la lancée soit on est coupée dans notre élan. Il faut que je garde confiance en moi tout en travaillant sur les profils de mes adversaires et en ayant une stratégie bien définie sur chacune d’entre elles.